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1ère édition du Baromètre de la souveraineté

Réalisé par Norstat auprès de 1.000 Français, la première édition du « Baromètre Souveraineté » de L’Hémicycle analyse la place que les Français accordent à la souveraineté et leur perception de la position de la France dans onze secteurs stratégiques. Sa publication intervient à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, alors qu’en moyenne sur les onze domaines étudiés, 89 % des Français jugent que la souveraineté de la France devrait occuper une place importante dans la campagne. Son volet consacré au numérique révèle une inquiétude particulièrement forte face au retard technologique du pays et à sa dépendance envers les entreprises étrangères. Huit Français sur dix considèrent que la souveraineté numérique et l’intelligence artificielle devraient constituer un sujet important de la campagne présidentielle, dont 31 % un sujet « très important ».

Le numérique, premier domaine dans lequel la France est jugée en retard

Parmi les onze secteurs stratégiques étudiés, le numérique et l’intelligence artificielle arrivent en tête du retard perçu face aux deux principales puissances technologiques mondiales. Au total, 64 % des Français considèrent la France en retard simultanément sur la Chine et sur les États-Unis dans le numérique. Il s’agit du double retard le plus fortement perçu parmi l’ensemble des domaines testés, devant les matières premières, 54 %, et l’industrie, 52%.

Pris par pays individuellement, 72 % estiment que la France est en retard face aux USA (contre 9 % qui la jugent en avance et 19 % au même niveau) et 79 % jugent la France en retard sur la Chine dans le numérique et l’intelligence artificielle (8 % la considèrent en avance et 13 % au même niveau).

Pour 92 % des Français, cette dépendance menace l’indépendance du pays

Cette perception du retard dans le numérique s’accompagne d’une forte inquiétude : 92 % des Français considèrent que la dépendance numérique constitue un risque pour l’indépendance de la nation, dont 50 % qui se disent « tout à fait d’accord » avec cette affirmation.

Le développement de l’intelligence artificielle est perçu comme un facteur d’aggravation de cette dépendance : 89 % pensent que l’IA va encore accroître la dépendance de la France envers les entreprises étrangères.

94 % veulent que les données restent hébergées en France ou en Europe

Face à ce constat, la demande de maîtrise est massive. 94 % se déclarent favorables à ce que les données personnelles des Français soient hébergées en France ou en Europe. Près des deux tiers, soit 64 %, se disent même « tout à fait d’accord » avec cette proposition.

La même attente concerne directement les pouvoirs publics : 93 % des personnes interrogées souhaitent que l’État et les administrations utilisent en priorité des solutions françaises ou européennes, dont 58 % qui se disent « tout à fait d’accord ».

Ces résultats font apparaître une demande particulièrement nette de maîtrise des données, des infrastructures et des outils numériques utilisés par les services publics.

Les Français veulent davantage de maîtrise, sans ignorer le risque de perte de performance

La demande de souveraineté numérique est très largement partagée dans l’opinion alors même qu’une majorité identifie les difficultés techniques et les éventuelles pertes de performance qu’elle pourrait entraîner. 61 % des Français reconnaissent que se passer des outils non-européens pourrait entraîner une perte de performance et de qualité de service (contre 39% qui ne partagent pas ce constat).

Héberger les données et investir dans les infrastructures : les premières priorités

La garantie d’un hébergement en France ou en Europe des données sensibles arrive en tête des préoccupations des répondants. 44 % des Français citent cette mesure pour renforcer la souveraineté numérique de la France.

La deuxième priorité consiste à investir dans des infrastructures numériques placées sous contrôle français ou européen, citée par 38 % des répondants.

Le soutien à des acteurs français et européens du cloud, de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité arrive ensuite, à 32 %.

Trois autres mesures recueillent chacune 29 % : équiper les administrations en solutions françaises ou européennes, former davantage d’ingénieurs et de spécialistes du numérique et imposer des règles plus strictes aux entreprises technologiques non européennes.

Les réponses montrent que les Français attendent d’abord une réponse industrielle et technologique fondée sur la maîtrise des données et des infrastructures, avant un renforcement de la réglementation applicable aux entreprises étrangères.

Méthodologie

Enquête réalisée en ligne par Norstat pour L’Hémicycle, du 18 au 30 août 2026, auprès de 1.000 personnes représentatives de la population française.

L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas appliquée aux critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région.

Les pourcentages d’accord et les comparaisons internationales sont calculés parmi les répondants ayant exprimé une opinion sur chaque proposition.

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