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Souveraineté numérique : une priorité pour 84 % des organisations

Une étude menée par efficy, éditeur européen de plateformes CRM et MarTech, en partenariat avec Infoprodigital, montre que la souveraineté numérique prend une place croissante dans la gouvernance et les décisions d’achat technologiques. 84 % des organisations interrogées ont déjà intégré ou prévoient d’intégrer ce critère dans leurs appels d’offres liés à la transformation digitale. Dans le détail, 46 % l’appliquent déjà et 38 % prévoient de le faire.

La souveraineté numérique entre dans la gouvernance des organisations

76 % des décideurs interrogés déclarent connaître les recommandations européennes relatives à la souveraineté numérique. Seuls 37 % se considèrent toutefois directement concernés dans leur activité professionnelle.

Cette différence souligne que la connaissance du sujet ne se traduit pas systématiquement par une perception directe de ses implications opérationnelles. Les décideurs associent principalement la souveraineté numérique à la juridiction applicable et à la localisation des données. Les enjeux d’extraterritorialité des législations étrangères et de dépendance envers certains fournisseurs technologiques doivent également être pris en compte.

La gouvernance progresse : 47 % des organisations disposent déjà d’un dispositif dédié à la souveraineté numérique et 40 % prévoient d’en mettre un en place. Au total, 87 % ont engagé ou envisagent d’engager cette démarche.

Cette gouvernance mobilise plusieurs fonctions, notamment les directions générales, juridiques et de la data, en complément des directions des systèmes d’information. Les priorités portent sur trois objectifs :

  • Protection des données : préserver les informations sensibles.
  • Sécurité des fournisseurs : maîtriser les risques liés à la chaîne de sous-traitance et aux partenaires.
  • Prévention des cyberattaques : réduire l’exposition aux menaces informatiques.

L’autonomie technologique vis-à-vis des fournisseurs étrangers participe également à cette démarche. Elle reste toutefois secondaire par rapport aux préoccupations immédiates de sécurité. L’intelligence artificielle est associée à un niveau élevé de formalisation : parmi les organisations qui déploient déjà des solutions d’IA, 86 % déclarent avoir mis en place une gouvernance dédiée à la souveraineté numérique. Ce résultat souligne l’importance accordée à la maîtrise des données, des modèles et des infrastructures mobilisés par ces technologies.

Intelligence artificielle : 83 % des organisations prennent en compte la souveraineté numérique

83 % des organisations interrogées déclarent prendre en compte la souveraineté numérique dans leurs projets d’intelligence artificielle. Parmi elles, 32 % indiquent le faire pleinement.

Les préférences exprimées lors du choix des solutions montrent cependant que les critères de souveraineté ne déterminent pas seuls les décisions d’achat.

  • Solutions françaises : 47 % des organisations interrogées les privilégient.
  • Solutions européennes hors France : 18 % les privilégient.
  • Solutions provenant de pays hors d’Europe : 31 % les privilégient.

Au total, 65 % des répondants privilégient des solutions françaises ou européennes, contre 31 % qui privilégient des solutions provenant de pays hors d’Europe. Les pourcentages ne totalisent pas 100 %, ce qui peut notamment refléter d’autres réponses ou des données non renseignées ; leur répartition exacte doit être confirmée dans la méthodologie de l’étude.

Ces résultats mettent en évidence les arbitrages auxquels les organisations sont confrontées. Elles doivent concilier maîtrise des données, conformité juridique, performance et capacité d’innovation. Pour les fournisseurs européens, l’enjeu consiste à proposer des solutions qui répondent aux besoins opérationnels des organisations tout en apportant des garanties vérifiables sur la souveraineté. La compétitivité, la disponibilité et les performances de l’offre européenne conditionnent en partie la traduction des intentions en choix technologiques.

84 % des organisations intègrent ou prévoient d’intégrer la souveraineté dans leurs appels d’offres

Les processus d’achat constituent un indicateur concret de la progression de la souveraineté numérique. Selon l’étude, 84 % des organisations interrogées ont déjà intégré ou prévoient d’intégrer ce critère dans leurs appels d’offres liés à la transformation digitale.

La répartition est la suivante :

  • 46 % ont déjà intégré la souveraineté numérique dans leurs appels d’offres.
  • 38 % prévoient de l’intégrer.
  • 16 % ne l’ont pas intégrée et ne déclarent pas prévoir de le faire, selon la différence avec le total de 100 %.

Parmi les organisations qui intègrent déjà ce critère ou prévoient de le faire, 56 % indiquent qu’il concerne plus de 75 % de leurs appels d’offres. Pour 32 % d’entre elles, il concerne entre 50 % et 75 % des appels d’offres.

L’intégration de ce critère peut se traduire par des exigences relatives à la juridiction applicable, à l’hébergement et à la protection des données, à la traçabilité des sous-traitants, aux garanties techniques et aux audits indépendants. Les fournisseurs technologiques doivent donc être en mesure de documenter les caractéristiques de leurs solutions : localisation de l’hébergement, architecture technique, chaîne de sous-traitance et capacité à démontrer le respect des exigences contractuelles et réglementaires. La souveraineté numérique devient ainsi un critère susceptible d’influencer la sélection des fournisseurs, au-delà des engagements de principe. Son poids effectif dépendra néanmoins des exigences retenues par chaque organisation et de leur application dans les procédures d’achat.

La cybersécurité figure parmi les motivations du recours aux solutions souveraines

La protection contre les cyberattaques constitue l’une des motivations opérationnelles associées à la souveraineté numérique. Parmi les organisations qui privilégient déjà des solutions souveraines pour leur relation client, 65 % citent la protection contre les cyberattaques parmi les objectifs de leur gouvernance. L’étude identifie également les cyberattaques parmi les facteurs déclencheurs du recours à des solutions technologiques souveraines. Elles interviennent après la volonté de se conformer aux recommandations européennes et le contexte géopolitique et économique. Ces résultats rapprochent la souveraineté numérique des enjeux de cybersécurité, de maîtrise des risques et de protection des actifs stratégiques. Ils montrent également que les motivations réglementaires et géopolitiques coexistent avec des préoccupations opérationnelles.

L’offre européenne doit répondre aux exigences de souveraineté et de performance

Les résultats de l’étude montrent que la souveraineté numérique progresse à la fois dans la gouvernance des organisations et dans leurs pratiques d’achat. L’intégration de ce critère dans les appels d’offres constitue un indicateur de cette évolution.

L’intelligence artificielle met toutefois en évidence un enjeu complémentaire : les organisations doivent pouvoir accéder à des solutions qui répondent simultanément à leurs exigences de souveraineté, de sécurité, de performance et de maîtrise juridique.

Pour les éditeurs et intégrateurs européens, la capacité à documenter les garanties apportées par leurs solutions et à répondre aux besoins opérationnels des clients constitue un levier de différenciation potentiel. La progression durable de la souveraineté numérique dépendra notamment de la capacité de l’offre disponible à répondre à ces attentes.

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